Historique des Malouinières

Malouinière de la Ville-Bague

La plupart des Malouinières furent construites entre 1650 et 1730 dans un rayon de 12 km autour de Saint-Malo, par les armateurs malouins voulant échapper à l'univers congestionné de la ville intra-muros tout en restant assez proches (deux heures à cheval) de Saint-Malo pour pouvoir s'occuper de leurs navires et de leurs cargaisons. Elles sont situées à l'intérieur du Clos Poulet .

Clos Poulet signifie pays d'Aleth (région malouine) du nom du camp gallo-romain de la citadelle de Saint-Servan, point de départ vers la Cornouaille où l'on chargeait l'étain.

La prospérité de Saint-Malo date des XVe et XVIe siècles, époque à laquelle commence le déclin de Saint-Servan.

Croquis de Luc Marie Bayle

Départ de St-Malo vers les Mers du Sud du corsaire Pontchartrain, capitaine Pierre Pibertière, Sieur de Villebague, le 15 mai 1714
Luc Marie Bayle

Sous les guerres du Roi Soleil, l'aventure maritime de Saint-Malo prend son envol. La guerre de course enrichit les corsaires, les prises étant partagées également entre le roi, l'armateur et l'équipage.

Dans le même temps, le commerce maritime se développe ; au trafic de la Compagnie des Indes s'ajoute le commerce avec :

  • les Pays-Bas (Delft),
  • l'Italie (marbre),
  • le Chili et le Pérou (métaux précieux),
  • l'Espagne (cuir),

sans oublier le commerce triangulaire Afrique – Antilles – Europe (trafic d'esclaves).

L'architecture se développe aussi sous l'influence de Garangeau et ses techniques de la construction navale (charpentes des chapelles en forme de coques de bateaux).

La plupart des malounières étaient en pierre de pays enduites d'un crépi ; les grands hôtels de Saint-Malo étaient en pierre de Chausey (sans enduit).

Les toits très hauts ainsi que les cheminées sont très caractéristiques. Jusqu'au XVIIe siècle, les ouvertures sont percées selon les besoins. Au XVIIIe, elles sont symétriques et alignées (architecture militaire).